samedi 31 octobre 2026 à 14h30
Manifestation - "La peur doit changer de camp !"
31 octobre : La peur doit changer de camp !
RDV à 14 h 30 devant la mairie au Vigan, Cévennes, 30
Le climat social de l'automne est agité. Les lycéen•nes d'Outremer et des quartiers populaires d'île de France ont ouvert le bal. Désormais, la colère sociale s'étend à d'autres générations, au monde du travail, aux chômeur•euses, aux retraité•es, aux étudiant•es... Malgré les nuages de lacrymo, ce vent de révolte apporte un peu d'air frais dans cette société qui nous fait suffoquer et qui parfois va jusqu'à nous tuer.
Après Aboubakar Cissé, 22 ans, poignardé à mort le 25 avril 2025 ici en Cévennes, dans une mosquée de la Grand Combe, c'est Pengo Bossio Wangi, 26 ans, qui a été fusillé à Trappes par un raciste. Une fille de 12 ans a été grièvement blessée. Des tracts du RN ont été retrouvés dans le véhicule du meurtrier.
Les politiques, en particulier du centre à l'ultradroite, et les médias mainstream, de Franceinfo à Cnews, qui tous diffusent des idéologies nauséabondes, islamophobes, négrophobes, antisémites, xénophobes..., en sont responsables. Le racisme tue.
125 féminicides ont été recensés cette année, le sexisme, les idéologies transphobes et masculinistes tuent elles aussi.
Combien meurent aux frontières, dans la rue, faute de logements, faute de soins, faute de ne pas avoir les bons papiers ?
Sans parler de toustes celleux qui en Palestine, au Soudan, en Iran... meurent sous les balles et les bombes en partie fabriquées par des usines françaises avec l'aval des gouvernants.
La précarité, les frontières, les colonialismes tuent.
Le 17 octobre, à Paris, Christophe, 59 ans, est mort en manifestation à cause de l'usage en abondance de gaz lacrymogènes par les forces de police. Le 18 octobre, un homme de 48 ans est décédé lors d'une intervention policière à Châtelet. En Guadeloupe, dans la nuit du 20 au 21 octobre, Wendy Olibrice, 23 ans, a été percuté et s'est fait rouler dessus puis tabasser par des gendarmes, en marge d'un barrage. Il est actuellement dans le coma.
Des dizaines de manifestant•es dont des mineur•es, et même des passant•es, ont perdu l'usage de leur main, de leur oeil, de leur bras, de leur mâchoire... ces derniers jours à cause des forces de l'ordre.
Désormais, depuis ce samedi, ce sont des milices et des groupes nationalistes qui attaquent et tabassent les manifestant•es sous l'oeil bienveillant de la police, à Montpellier notamment.
Il y a 10 ans, on recensait une douzaine de personnes par an tuées par la police et la gendarmerie françaises. Désormais le chiffre approche ou dépasse la cinquantaine. La police tue.
Alors que les plaintes pour violences policières ou violences sexuelles prennent la poussière quand elles ne sont pas classées, ce sont des milliers de personnes qui ont été arrêtées dans le cadre des mobilisations lycéennes. Pour le simple port d'équipement de protection, pour s'être réapproprié•es une marchandise en marge des pillages, certain•es dorment aujourd'hui en prison. Et l'on promet des décennies derrière les barreaux à des personnes qui s'en sont pris à des bâtiments publics alors que celleux qui détournent des millions se présentent tranquillement aux élections ou qu'un violeur comme Bruel, malgré les 32 plaignantes, se pavane tout sourire au stade de foot.
Le nombre de personnes incarcérées ne cesse de croître de manière exponentielle, dépassant désormais les 90 000. Plus de 250 personnes sont mortes derrière les barreaux l'an dernier. La justice et la prison tuent.
Tant de mort•es, de blessé•es, de traumatisé•es, d'enfermé•es, ça nous fait monter les larmes aux yeux.
Ça nous fait peur, et c'est normal.
Mais ça nous met aussi en colère !
Alors puisque le gouvernement nous ordonne de choisir un camp entre celleux qui expriment leur révolte et celleux qui défendent l'ordre établi, pour une fois nous lui obéissons en affirmant que nous sommes résolument opposés à ce système mortifère et à ses dirigeant•es et défenseur•ses.
Au Vigan, les lycéen•nes se sont mobilisé•es et ont fait connaître leurs solidarités et leurs revendications lors d'un blocage. À nous toustes de prendre le relai pour que la lutte continue d'exister ici aussi et qu'iels puissent continuer de s'exprimer, seul•es ou à nos côtés.
Si nous sommes nombreux•ses à nous être mobilisés lors des manifestations en ville, nous devons aussi montrer ici, en territoire rural, en Cévennes, que nous sommes concerné•es. Que la vie chère, nous la subissons de plein fouet, que l'on songe aux prix prohibitifs du carburant, des produits d'hygiène ou alimentaires, du chauffage... Que l'accès aux soins, à l'éducation, à la culture, au logement, à la terre, aux droits sociaux, aux administrations, etc. sont toujours plus galère dans nos territoires. Qu'ici aussi les idéologies nauséabondes font des dégâts et que l'on y est d'autant plus ciblées par la haine quand on est racialisé•es, queers, handi•es, précaires.
Alors samedi 31 octobre, avant la grève générale reconductible à partir du 5 novembre, on se rassemble au Vigan, avec nos comparses d'autres vallées ou de la plaine, pour visibiliser nos luttes, nos révoltes et nos espoirs, pour ici aussi, prendre la rue !
Viens avec ta pancarte, ta banderole, viens avec ton costume, ton masque effrayant, ou viens sans !
Ce 31 octobre, on exorcise nos peurs et on se donne de la force pour les temps à venir qui (qui sait ?) ne seront peut-être pas si sombres.
Quelques non-résigné•es du Viganais.